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La vie mystique

Mardi, 11 mai, 2010

Imaginez que toute votre vie vous tournez en rond, assoiffée, dans la chaleur suffocante et la fièvre, bousculée par une foule hargneuse, sans repos , dans une âpre querelle sans  but ; il y a bien un sourire ici et là mais vous ne pouvez vous arrêter un moment et sourire en réponse. Subitement, sans savoir comment, vous tombez dans une magnifique cathédrale. C’est la paix, la fraîcheur, toute soif calmée. Tout est beau ; mais l’obscurité règne, vous devinez les choses, allant à tâtons, mais vous êtes si bien que vous n’avez nulle envie d’explorer ce domaine immense. Et il y a une présence très douce qui vous apporte tout ce que vous désirez, une voix merveilleuse. Toute misère est oubliée. Les  bruits du dehors sont assourdis. Du seuil de la cathédrale, vous cherchez à attirer les autres et vous décrivez autant que possible la paix, la fraîcheur qui les attends. Peu à peu, cette présence se révèle à vous, mais aussi vous vous sentez un peu perdu, si la présence ne se manifeste pas, vous souffrez , vous vous ennuyez… C’est toute une vie nouvelle.

Jusqu’à un certain point vous vous confiez aux autres. D’abord vous ne décrivez que la cathédrale… comme une jeune fille qui décrit le bal merveilleux où elle a rencontré celui  qu’elle aime sans jamais parler de lui à ses amis . Mais après les fiançailles, elle parlera librement de lui, décrira les cadeaux faits par lui sans pourtant parler de leur amour mutuel. Mariée, elle se confiera plus encore, décrira leurs voyages etc… et pourtant elle gardera l’essentiel pour elle.

La vie mystique est plus riche et plus complexe que la vie ordinaire ; elle a ses profondeurs et ses zones plus superficielles qui ne sont nullement celles de l’amour : ainsi la  Kundalini, les impressions physiques procédant de la paix, tout ce qui peut être livré en pâture sans danger . C’est comme l’entrée dans la cathédrale : un monde nouveau d’harmonie et de subtilité extrême. Mais ce n’est que le seuil de la vie mystique. C’est l’entrée en soi-même seulement, et déjà c’est inouï.

Lorsqu’on était ballotté et torturé dans  la foule, on ne pouvait penser à rien, n’aimer personne. Dans la paix, on est tout entier disponible : on peut se donner à l’amour, s’arrêter  pour aimer, rêver à celui qu’on aime. C’est comme la santé pour qui serait malade. Alors seulement on peut agir beaucoup, et en paix. Dans la fièvre et la douleur, l’effort coûte trop, il devient fébrile, on croit faire beaucoup, on s’agite et on confond délire et pensée lucide…

Ceci vous donne-t-il une idée de ce qu’est la vie mystique ? Ce n’est pas une vie religieuse et pieuse qui va s’approfondissant, non, c’est un nouveau registre de l’être, un domaine entièrement nouveau dans lequel on est précipité en une second… On sent le devoir d’en faire part à tous, au moins à tous ceux qu’on aime, qu’ils sachent qu’il y a quelque chose tout proche. Et pourtant je hais toute propagande, l’esprit missionnaire, mais ceci est autre chose.

On ne profane pas ce domaine en en parlant du fait même qu’on n’a rien à en dire. C’est comme conter à un sourd qu’on est allé au concert et qu’on a entendu tel et tel morceau sans s’étendre sur les jouissances sonores ressenties…

L’amour seul est sacré et secret, et là encore tous les mystiques l’ont chanté, même les chrétiens. Longtemps, j’ai été choqué par le ton profane ou érotique des persans et de  certains chrétiens, mais il ne leur est pas aisé de s’exprimer autrement s’ils ne veulent pas être secs et fades.

Passivité de l’âme

Dimanche, 6 décembre, 2009

« Si tu es plongé dans la sécheresse et les ténèbres, quand tu te trouves en présence de Dieu par la foi et le silence, ne crois pas que tu perdes ton temps et que tu sois passif, parce que cette passivité de l’âme, selon ce que dit saint Bernard, est « l’affaire » par excellence de Dieu. »

Miguel de Molinos, Guide spirituel
Éditions du Cerf (sagesses chrétiennes) (page 62)

Quelqu’un dit à Bahaudin Naqshband

Jeudi, 6 août, 2009

 » Quelqu’un dit à Bahaudin Naqshband :
- « Cela a dû t’en coûter de renvoyer ton élève untel… »
Bahaudin répondit :
- « Parfois la meilleure façon d’éprouver et d’aider un disciple, quand c’est possible, c’est encore de le renvoyer. S’il se retourne alors contre toi, cela lui donne la possibilité d’observer sa superficialité et les défauts qui lui ont valu d’être renvoyé. S’il te pardonne, il a l’occasion de voir s’il ne joue pas la grandeur d’âme. S’il retrouve son équilibre, il sera en mesure d’être utile à ce qui est notre affaire (l’Enseignement) et surtout d’être utile à lui-même. »

Sages d’Orient, Idries Shah
Presses pocket, page 27

Les trois lumières – Tierno Bokar

Dimanche, 29 mars, 2009

L’œil (‘ayn) qui est au fond de chaque homme a besoin d’une lumière pour voir le monde dans sa vraie réalité et, surtout, pour percevoir les Réalités divines. Mais tous les sentiers ne sont pas accessibles à tous.
Un jour, alors qu’il était en train d’enseigner sur la notion de Lumière (nour, en arabe), je lui posais une question :
– Tierno, combien y a-t-il de lumières mystiques ? Read the rest of this entry »

Les trois degrés de la foi – Tierno Bokar

Mercredi, 25 mars, 2009

Ayant réfléchi à ce qu’il venait de dire, je lui demandai :
- Tierno, combien y a-t-il donc de sortes de foi ? Read the rest of this entry »

Orientations du grand véhicule

Mardi, 17 mars, 2009

Selon les sutrã canoniques, La vie religieuse est supérieure à la vie de maître de maison ; elle a de grands avantages sur elle, le moine, n’ayant aucun souci familial, pratique facilement la vie continente. Rares sont ceux qui arrivent au Nirvãna sans avoir été ordonnés moines : Read the rest of this entry »

Il est des faims…

Lundi, 16 mars, 2009

Il est des faims plus dangereuses que les satisfactions et de délicieuses nourritures qui sont un poison mortel.

F. Skali – Traces de lumière

Un compagnon pire que toi …

Lundi, 16 mars, 2009

Un compagnon pire que toi
risque de te donner l’impression que tu es bon,
alors que tu es peut-être mauvais.

(Hikam) – F. Skali – Traces de lumière

Qui suis-Je ?

Dimanche, 15 mars, 2009

On demande à Majdhûb, mi-fou, mi-sage, pourquoi, chaque matin que Dieu fait, on voyait des hommes courir  qui à droite, qui à gauche, qui au milieu, s’activant chacun à sa manière ? Read the rest of this entry »

Que sur toi soit la paix

Dimanche, 15 mars, 2009

 »
Ce n’est que lorsque tu auras dominé ton être , ô ami,  que tu pourras l’initier à la paix.
La paix ne sera plus alors pour toi le seul fait de tes pensées. Elle habitera au fond de ton cœur et accompagnera chacun de tes actes. Read the rest of this entry »